POUR SAUVER L'HUMANITÉ, GARDONS LE CONTACT

« COVID-19 : le tiers de l'humanité en confinement » pouvait-on lire sur la page électronique de Radio-Canada.

C’est un mot immense : HUMANITÉ. On dit généralement qu’on vit en société, ce qui implique de multiples relations dans un rayon communautaire donné. Mais là, la société vient de prendre du poids et du volume : nous passons au mode HUMANITÉ dans sa globalité.

La COVID-19 libère dans son sillage un flot de réflexions intenses qui puisent leur sel dans l’ultime commande génétique : la survie de l’espèce. Certains y voient l’apocalypse annoncée par Nostradamus, d’autres la fin d’une ère d’égocentrisme, d’autres encore, une façon de tirer profit des mesures annoncées par les gouvernements. Chaque personne se révèle par sa perception de la survenue de la COVID-19 et parfois, c’est pas toujours agréable à entendre.

Les événements qui appellent à des mouvements collectifs sont fascinants. Parce que l’HUMANITÉ se révèle dans cette aptitude, ou cette inaptitude, à ramer dans le même sens. Et l’HUMANITÉ en a vu bien d’autres et a survécu : varioles, grippes, pestes, choléras, déluges, tremblements de terre, etc. À elle seule, la grippe espagnole a fait entre 20 et 50 millions de morts (en passant, cette grippe n’avait rien d’espagnol; sa souche avait éclos aux États-Unis). Sans compter toutes les guerres et les génocides. La dernière guerre mondiale a fait plus de 60 millions de morts.

En fait, je crois que l’HUMANITÉ a survécu par l’humanisme, plus précisément par l’humanitaire. Et c’est la partie la plus captivante : la propension à sauver sa peau en sauvant celle des autres. Et c’est pour cette raison que nous passerons à travers cette crise : la grande majorité d’entre nous aime assez pour vouloir que ceux et celles qui les entourent restent en vie. Et ils sont là, tout près, à vouloir aider. C’est ce dont nous avons le plus besoin : de l’autre. Cet autre qui viendra déposer le sac de nourriture à la porte, qui soignera le brasier dans les poumons ou qui trouvera le vaccin.

La manifestation de ce besoin de l’autre, en situation de pandémie, est contraire à tout ce qui nous a été enseigné : rester à distance de ceux dont nous avons besoin. C’est ce qui deviendra de plus en plus difficile : garder la distance.

En cette ère, nous avons l’immense privilège de garder la distance sans perdre le contact. La technologie rapproche plus que jamais les familles. Elle répond merveilleusement à ce besoin de se serrer les uns contre les autres dans l’adversité. J’entends de belles initiatives : des rendez-vous familiaux où on fait de l’exercice, des parties de Scrabble par FaceTime, des défis de perte de poids. Des amis se concertent pour la visite à des personnes dans le besoin… qui, il faut bien le mentionner, ne sont pas toutes des aînés!

Gardons nos distances tout en gardant le contact. Et payons-nous quelques anecdotes qui provoqueront sourires et rires. Écoutez les nouvelles juste assez pour savoir comment évolue la situation mais décrochez de temps en temps pour profiter d’un bon livre, d’un jeu de société en famille, d’une nouvelle recette de muffins ou pour faire le tri dans votre tiroir fou.

Vivez pendant que vous respirez. Et longue vie à ceux et celles qui s’adonnent à  l’HUMANITAIRE!

Monic Roy